Digitalisation des entreprises : 3 domaines qui ont évolué depuis la pandémie

Publié le 15/11/2022 par Sabrina Khoulalène

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous n’avez utilisé ni votre ordinateur, ni votre téléphone portable de la journée ? Déjà présentes dans nos vies quotidiennes, les nouvelles technologies et leurs applications n’ont jamais été aussi indispensables que depuis la pandémie en nous permettant d’optimiser nos manières de travailler, de faire nos courses ou d’avoir un diagnostic santé. Aussi l’accélération de la digitalisation des entreprises a-t-elle changé une variété de domaines et notre manière d’y avoir recours. Zoom sur 3 d’entre eux.

La digitalisation des entreprises et de la vie quotidienne depuis la pandémie

8 h : le réveil de votre smartphone sonne, vous le déverrouillez en une simple pression du doigt grâce à un capteur d’empreinte. 

9 h : vous vous rendez dans votre salon pour débuter votre journée de télétravail. Sur une plateforme en ligne, toutes vos tâches du jour sont détaillées et vous pouvez même consulter les remarques de votre manager sur votre dernier projet. 

Midi : pas le temps de cuisiner, vous commandez votre repas sur une application dédiée. 

15 h : réunion d’équipe, vous cliquez sur un lien pour vous connecter à la visioconférence. Vous voyez tous vos collègues pour la première et seule fois de la journée.

18 h : journée de travail terminée, vous pouvez démarrer une téléconsultation avec votre médecin généraliste… 

Digne d’un film de science-fiction du début des années 2000, le récit de cette journée est devenu profondément banal pour nombre de Français depuis la crise sanitaire. En effet, l’accélération de la digitalisation des entreprises, motivée par le maintien de l’activité économique en période de confinement, a eu des conséquences directes sur notre quotidien. En plus d’avoir un impact sur notre vie professionnelle, cette numérisation a changé notre façon de consommer ou de nous soigner. 

Cependant, que supposent concrètement ces évolutions pour les entreprises et les particuliers ? Comportent-elles des limites ? Si tel est le cas, quels défis posent-elles pour les professionnels concernés ? Nous nous concentrerons sur trois domaines en analysant des tendances digitales observées lors de différentes enquêtes menées par GetApp et ses sociétés affiliées au cours de ces 18 derniers mois. Une méthodologie complète est disponible à la fin de cet article.

Digitalisation du travail : une expansion des outils de surveillance

Cela ne vous a sûrement pas échappé, la pandémie a signé l’essor du télétravail en France. Afin d’avoir un suivi détaillé de l’activité de leurs salariés à distance, certaines entreprises ont eu recours à des logiciels de surveillance. En effet, selon notre enquête menée en février 2022 auprès de différents profils d’employés, 23 % révèlent que leur employeur utilise la surveillance par le biais d’outils en ligne. Pour 7 % d’entre eux, elle a été introduite après la mise en place des restrictions sanitaires. 

L’utilisation de ce type de programmes peut se faire à différents niveaux. D’après les employés qui affirment être au fait des mesures de contrôle dans leur entreprise, trois activités sont particulièrement surveillées : la présence (pour 62 % d’entre eux), la gestion du temps (61 %) et la gestion de la charge de travail (42 %).

La surveillance des employés est l’une des tendances digitales remarquées pendant la pandémie

De la surveillance de ces facteurs pourrait découler des avantages comme l’optimisation du temps de travail et la répartition des tâches, une prise en compte facilitée des heures travaillées et des heures supplémentaires ou encore un meilleur aperçu des opérations quotidiennes au sein de l’entreprise.

Ces paramètres peuvent ainsi être bénéfiques pour la productivité de chacun, voire la croissance de l’entreprise. De ce fait, on peut supposer que la surveillance est vue de manière positive par les managers et les employeurs. Cependant, les employés sont-ils du même avis ? 

Que pensent les employés de la surveillance au travail ?

La surveillance en entreprise est souvent mal perçue par les employés. Pour preuve, 68 % des personnes interrogées la considèrent comme négative. Conséquence néfaste sur la confiance, atteinte à la vie privée, augmentation du stress, baisse du moral, dépassement des limites éthiques, manque de transparence sur ce qui est contrôlé, problématiques liées à la protection des données… Telles sont les craintes généralement avancées par les collaborateurs.  

Au-delà, de ces impacts négatifs sur leur activité, certains employés soulignent un manque de délicatesse de la part de leur direction pour les inciter à accepter ces mesures. En effet, parmi les salariés de notre panel concernés par des protocoles de surveillance, 29 % disent avoir ressenti une certaine pression pour les adopter quand 6 % affirment sans équivoque avoir donné leur accord sous le coup de la pression.

Toutefois, certains des aspects de la surveillance peuvent être considérés comme utiles pour les salariés. Selon la plupart des employés sollicités pour notre enquête, elle s’avère avantageuse pour que les employeurs aient un meilleur aperçu des activités quotidiennes de l’entreprise (40 % des personnes interrogées), pour que les erreurs puissent être détectées avant que cela ne devienne problématique (34 %) ou pour que les employeurs puissent évaluer les performances de leurs collaborateurs (33 %).

Quels sont les défis pour les entreprises ?

Même si les logiciels de surveillance comportent de nombreux avantages pour les employeurs et les managers, notamment en matière de suivi du travail, ils peuvent être vus d’un mauvais œil par les employés qui craignent des impacts négatifs sur leur moral et une utilisation abusive de leurs données. 

Afin d’avoir recours intelligemment aux outils de surveillance, de renforcer l’ engagement des collaborateurs et de susciter leur confiance, les entreprises ont tout intérêt à miser sur la transparence, notamment sur toutes les activités qui seront surveillées et l’utilisation qui sera faite des données. Par ailleurs, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) souligne que même si le code du travail autorise les employeurs à surveiller l’activité de leurs salariés, des limites existent afin d’assurer le respect de leur vie privée et la protection de leurs informations personnelles. Ainsi, l’organisme préconise entre autres une surveillance qui repose sur un intérêt légitime pour l’entreprise, qui n’est pas permanente et qui ne suit pas un objectif caché.

De plus, à l’heure où le travail hybride se généralise, mettre en place une politique claire, orientée vers le bien-être des salariés, s’avère important. Il convient donc aux managers d’utiliser la surveillance non pas pour contrôler les moindres faits et gestes de leurs subordonnés mais pour assurer une meilleure répartition des tâches et détecter plus facilement les problèmes qui peuvent nuire au bon déroulement d’un projet.

Digitalisation du commerce et de la distribution : un intérêt grandissant pour les magasins sans caisse

La digitalisation des entreprises s’est également fait ressentir dans le secteur du commerce et de la distribution. Depuis la pandémie, nombreux sont les Français à faire leurs courses en ligne. Toutefois, il existe une tendance plus discrète qui ne cesse de susciter l’intérêt des consommateurs : les magasins sans caisse. 

À la croisée entre le commerce physique et le commerce numérique, ce concept permet aux clients de se rendre en magasin, de remplir leur panier de courses, et de partir sans passage en caisse. Comment ? En téléchargeant en amont une application, où ils enregistrent leurs coordonnées bancaires, qui détecte les produits pris dans les rayons et les ajoute dans un panier virtuel et par le biais de laquelle le paiement sera effectué automatiquement au moment de sortir du magasin. Les files d’attente du passage en caisse supprimées, les consommateurs peuvent ainsi gagner du temps. 

Après avoir été lancé par Amazon, le concept de magasin sans caisse est dorénavant étudié par des enseignes hexagonales telles que Carrefour, Auchan et Intermarché. Les Français sont-ils familiarisés avec cette nouvelle manière de faire ses courses ?

Que pensent les consommateurs des magasins sans caisse ?

Si, d’après notre étude initiée en avril 2022, 60 % des Français interrogés affirment avoir déjà entendu parler du concept de magasins sans caisse, ils ne sont que 8 % à avoir vu l’un de ces commerces près de chez eux et 5 % à y avoir réalisé des achats. Toutefois, bien qu’elle ne soit pas encore démocratisée, cette technologie suscite bel et bien la curiosité des consommateurs sollicités pour notre enquête : 60 % déclarent être intéressés par l’essai de ce type de magasins.

L’essai des magasins sans caisse intéresse les Français

En plus d’éviter les files d’attente, les magasins sans caisse comportent de nombreux avantages tels que payer rapidement ses courses ou ne pas être en contact avec les autres clients. 

Cependant, ce procédé peut également susciter des craintes. Pour les personnes interrogées qui ne sont pas intéressées, elles concernent le fait de participer à l’automatisation ou la suppression d’emplois (66 % de ces répondants), le manque de contact avec le personnel (52 %) ou encore le simple fait de devoir utiliser son téléphone pour faire des courses en magasin (51 %). 

Il existe également des doutes parmi les consommateurs ayant exprimé leur intérêt : 65 % d’entre eux se disent préoccupés par le fait que leurs données et historique d’achat soient suivis et utilisés par ces magasins et leurs partenaires technologiques.

Quels sont les défis pour les commerces ?

Encore peu répandu en France, le concept de magasin sans caisse peut représenter un avantage concurrentiel pour les commerces qui souhaitent d’ores et déjà l’adopter. En supprimant le passage en caisse, cette pratique suppose un gain de temps, ce qui pourrait améliorer l’ expérience client

Toutefois, avant de se lancer, des facteurs sont à prendre en compte pour garantir complètement la satisfaction des consommateurs. Ces derniers ne cessent d’être préoccupés par l’impact global de leurs méthodes achats, notamment en matière d’emploi pour les personnels du secteur, et par le traitement de leurs données personnelles. Réfléchir à une manière d’atténuer leurs craintes est alors indispensable. Cela peut se faire, par exemple, en élaborant une politique de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et en communiquant sur ses valeurs sociales. Par ailleurs, il est indispensable d’appliquer un traitement des informations non seulement conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD) mais aussi sécurisé et transparent. 

Les habitudes des consommateurs doivent être également soigneusement étudiées pour connaître les types de biens susceptibles d’être plébiscités. De même, il s’avère utile d’analyser la concurrence en se renseignant sur les enseignes, situées sur la même zone géographique, proposant déjà ce genre de services.

Digitalisation du secteur de la santé : le boom des téléconsultations

Ce n’est un secret pour personne, le secteur de la santé a particulièrement été affecté dès les premiers signes de l’épidémie de Covid-19. Afin d’assurer le traitement des patients à distance, particulièrement les cas non graves, leur fournir les soins appropriés et désengorger les hôpitaux, ce domaine clé a dû accélérer sa numérisation. L’utilisation d’applications et de logiciels de télémédecine se sont ainsi démocratisés pendant la crise sanitaire, de nombreux Français ayant pu expérimenter pour la première fois la téléconsultation. 

D’après notre enquête menée en avril 2021, cela a été le cas pour 89 % des personnes interrogées ayant eu recours à ce type de rendez-vous médical. Pour 65 % d’entre elles, l’objet de cette consultation ne concernait pas le Covid-19. 

À noter que parmi tous les Français de notre panel ayant déjà eu recours à la télémédecine,  62 % ont réalisé une téléconsultation avec un médecin généraliste. Par ailleurs, 36 % l’ont sollicitée pour obtenir un premier avis médical et 34 % pour connaître l’usage d’un médicament. Ainsi, la télémédecine aurait été particulièrement plébiscitée pour des pathologies mineures qui ne nécessitaient ni déplacement, ni avis d’un spécialiste.

Même en ces temps d’accalmie de la pandémie, on peut supposer que la téléconsultation continue de représenter un confort pour les patients en leur évitant de perdre leur temps dans les transports ou en salle d’attente ainsi qu’en leur apportant une certaine flexibilité d’horaires et en compensant pour certains l’absence de médecins généralistes ou de spécialistes dans les déserts médicaux.

Que pensent les patients de la téléconsultation ?

Même s’ils sont 47 % à affirmer que la télémédecine est utile pour accéder au diagnostic et à la prescription depuis n’importe où, les Français ayant eu recours à cette technologie pointent du doigt certains inconvénients comme le fait de ne pas recevoir d’examen physique (64 %), un inconfort lié à une interaction par écrans interposés (34 %) ou encore un manque d’information sur la sécurité de leurs données personnelles (17 %).

Concernant ce dernier sujet, il est à noter que 47 % des patients ayant expérimenté une téléconsultation ignorent quelles données sont partagées avec leur médecin via l’application et comment elles sont traitées. Seuls 22 % le savent et se montrent de fait préoccupés par cette problématique.

Une autre tendance digitale remarquée pendant la pandémie concerne la télémédecine

Toutefois, 88 % affirment qu’ils continueront d’avoir recours à la télémédecine à l’avenir. Ce qui suggère que cette pratique convainc dans certains cas et pourra rentrer dans les habitudes des patients même quand la pandémie ne sera plus d’actualité. 

Quels sont les défis pour les professionnels du secteur de la santé ?

En permettant aux patients de réduire les temps d’attente, d’avoir un diagnostic rapide quelque soit l’endroit où ils se trouvent et de disposer de plus de plages horaires pour fixer une heure de rendez-vous, la télémédecine dispose d’avantages certains qui peuvent assurer son utilisation sur le long terme. Par ailleurs, en ces temps où le nombre de médecins se réduit, elle peut être perçue comme une solution pour lutter contre les déserts médicaux et faciliter l’accès aux soins à tous. 

Cependant, la digitalisation du domaine médical comporte des enjeux importants liés au traitement des données. De nombreux patients ne sont pas bien informés de l’utilisation qui en sera faite quand d’autres confessent leur inquiétude. Or, avoir une politique claire sur ces questions est primordiale pour continuer à susciter la confiance des utilisateurs, d’autant plus lorsqu’il s’agit de la gestion d’informations sensibles. En effet, un manque de protection implique un danger relatif au vol de ces données par des personnes tierces ou des hackers. Afin de réduire ce risque, il est essentiel d’utiliser des logiciels de cybersécurité, de crypter les connexions internet, d’effectuer régulièrement des sauvegardes en ligne et hors ligne de ses systèmes et de fournir à ses employés des formations de sensibilisation à la sécurité.

Pour éviter tout scandale et assurer leur crédibilité auprès des patients, les applications de santé ainsi que les médecins et hôpitaux doivent donc faire de la protection des données en ligne une priorité.

Tendances digitales : quelles conclusions en tirer ?

La digitalisation des entreprises, impulsée par la crise sanitaire, a permis à de nombreux domaines d’évoluer vers plus d’efficacité et de proposer des changements dans la vie quotidienne des particuliers. 

Ceux du suivi d’activité, du commerce et de la santé, particulièrement sollicités pendant la pandémie, ont fortement été marqués pour le meilleur, en supposant entre autres gain de temps et praticité, et pour le pire, notamment à travers les enjeux liés à la collecte de données personnelles sensibles. 

Surveillance des employés, magasins sans caisse, téléconsultation… Qu’importe la tendance digitale étudiée dans cet article, il s’avère que la gestion de ces informationspréoccupe les utilisateurs qui ne sont pas toujours bien informés de leur traitement. Afin de faire rimer numérisation avec protection, il est essentiel pour les professionnels concernés de non seulement mettre en place une politique de cybersécurité solide, mais aussi de veiller à être conformes aux règles du RGPD et de miser sur la transparence en expliquant clairement à quelles fins les données récoltées seront utilisées.

Et maintenant ? Consultez nos différentes catégories de logiciels pour trouver le produit qu’il vous faut.

Méthodologie :

Cet article de GetApp sur les tendances numériques des consommateurs identifie 3 tendances qui sont le résultat d’une méta-analyse de plusieurs enquêtes menées par GetApp et ses sociétés affiliées. 

Ce rapport comprend des données issues d’enquêtes en ligne menées entre avril 2021 et avril 2022. Chaque enquête a été envoyée à environ 1 000 consommateurs. Les participants sont âgés de plus de 18 ans et vivent en France. Les résultats obtenus sont représentatifs des participants qui ont répondu à l’enquête et non de l’ensemble du pays.

Les critères de sélection des participants pour chacune des enquêtes utilisées pour ce rapport étaient les suivants :

  • Étude sur la surveillance des employés : les participants sont capables d’identifier la définition d’un outil de suivi des employés.
  • Étude sur les magasins sans caisse : les participants réalisent des achats au sein de magasins physiques au moins une fois par mois, vivent en zone urbaine, grande banlieue ou proche banlieue, disposent d’un smartphone et comprennent ce qu’est le concept de magasins sans caisse.
  • Étude sur la télémédecine : les participants ont consulté au moins une fois un professionnel de santé au cours des 12 derniers mois et vont au moins une fois par an chez le médecin.

Cet article peut faire référence à des produits, programmes ou services qui ne sont pas disponibles dans votre pays, ou qui peuvent être limités par les lois ou règlements de votre pays. Nous vous suggérons de consulter directement l'éditeur du logiciel pour obtenir des informations sur la disponibilité du produit et le respect des lois locales.


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À propos de l'auteur

Content Analyst pour GetApp. Suit les dernières tendances technologiques et donne des conseils stratégiques aux PME. Aime pêle-mêle le cinéma, le rock et le tennis.

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