Malgré certaines inquiétudes, les nouvelles technologies attirent les Français

Publié le 14/04/2021 par Caroline Rousseau

Si, fin 2020, l’Académie des technologies révélait que les Français étaient globalement inquiets face aux nouvelles technologies, l’étude relevait cependant qu’ils restaient vivement intéressés par le sujet et associaient technologie et progrès pour l’humanité. Que l’on parle de smartphones, d’assistants vocaux (tels que Siri ou Cortana), de réalité virtuelle et de réalité augmentée, d’intelligence artificielle, de 5G ou d’impression 3D, le concept de “technologie” s’applique à des fins aussi diverses que variées.

Ces innovations se développent à vitesse grand V et s’immiscent dans toujours plus de domaines de la vie quotidienne. Si certaines, comme la 5G, provoquent une méfiance qui vire parfois à la théorie du complot, d’autres, comme la réalité augmentée, suscitent un certain engouement par leur aspect ludique.

GetApp a mené une étude auprès de 836 employés de PME françaises qui travaillent selon diverses modalités de télétravail afin de capter le regard qu’ils portent sur la technologie et les sentiments qu’elle leur inspire. Vous trouverez la méthodologie détaillée en fin d’article. 

74 % des personnes interrogées suivent les nouvelles technologies de près

Voici comment les répondants à notre enquête se définissent dans leur rapport aux nouvelles technologies :

Parmi les 26 % se mettant en retrait dans l’acquisition des nouveautés technologiques (illustré par les catégories 3 et 4 sur notre infographie), 37 % avancent comme raison une réticence à la surconsommation, 23 % estiment que la technologie dont ils disposent déjà est suffisante, tandis que 23 % déclarent n’avoir pas les moyens d’investir régulièrement dans de nouveaux appareils ou gadgets.

Seuls 10 % de ce groupe de répondants se disent méfiants quant aux intentions des créateurs (par exemple en matière de surveillance ou de collecte des données) et 4 % se méfient des éventuels problèmes de santé, par manque de recul et/ou d’études quant aux effets sur le long terme. Enfin, 4 % admettent n’avoir tout simplement pas envie d’apprendre à se servir de nouveaux appareils.

En revanche, une large majorité (74 %) se dit intéressée et adopte rapidement les nouveautés présentes sur le marché. 

Une perception mitigée mais pas dénuée d’optimisme ou d’intérêt 

Difficile de scinder les répondants en deux traditionnels camps “pour” et “contre” : les résultats évoquent une relation plus nuancée aux nouvelles technologies. 

En théorie : on aime l’innovation et les concepts ; en pratique : on se méfie des fins et des effets potentiels. Les personnes interrogées se considèrent globalement bien informées, mais souhaiteraient pouvoir davantage participer aux débats. En résumé, la curiosité n’empêche pas certaines inquiétudes, et vice-versa. 

37 % des répondants déclarent que la crise de COVID-19 a fait positivement évoluer leur regard sur les nouvelles technologies. En effet, entre les plateformes d’e-commerce, les outils permettant le télétravail, les services de  télémédecine, le shopping en réalité virtuelle ou encore les achats à l’aide de la réalité augmentée, la pandémie aura mis en avant voire accéléré certaines avancées technologiques.

Pour autant, 52 % affirment que la crise de COVID-19 n’a provoqué aucune influence sur l’avis qu’ils peuvent se faire des nouvelles technologies ; néanmoins, ils ne sont que 11 % à affirmer que la crise de COVID-19 a fait négativement évoluer leur regard sur les nouvelles technologies. Dans un monde pétri d’incertitudes et d’inquiétudes, la technologie peut être perçue comme un recours bienvenu pour surmonter cette période.

41 % perçoivent la technologie comme un moteur économique et compétitif

Lorsque l’on demande avec lesquelles des affirmations suivantes ils sont  d’accord, les répondants choisissent majoritairement celles qui présentent les nouvelles technologies comme un moteur dans la course au numérique.

Confiants dans les nouvelles technologies, ces répondants tendent à considérer qu’elles peuvent permettre à la France de se positionner au niveau mondial, notamment face aux géants en la matière que sont les États-Unis et le continent asiatique.

30 % considèrent la vitesse de changement comme difficile à suivre 

D’un autre côté, certains aspects restent à améliorer. Si la vitesse de changement est difficilement contrôlable, elle peut toutefois être compensée par la formation au sein des entreprises et généralement, par davantage d’informations de la part du gouvernement et des médias.

La France se distingue au niveau de l’innovation mais ne favorise pas la démocratisation des nouvelles technologies

Lorsque l’on demande aux personnes interrogées quels sont, selon elles, les domaines où la France se démarque en matière de nouvelles technologies, 32 % (soit la majorité) reconnaissent au pays un certain talent dans la recherche, le développement et l’innovation. 

En revanche, seuls 20 % reconnaissent la démocratisation de ces technologies comme une réussite nationale. 

En France, des plateformes telles que La French Tech ou les Pépites Tech témoignent de la richesse et de la créativité en matière de technologies élaborées sur le territoire français. Dans cette émission de France Culture, on évoque les défis imposés par les GAFAM, face auxquels les entreprises technologiques françaises ont du mal à se faire une place.

En ce qui concerne le niveau d’informations, 84 % de répondants se disent “bien” à “très informés” sur les questions liées à la technologie, que ce soit les tendances, l’actualité ou encore les éventuelles controverses en cours. Cela ne garantit pas pour autant une connaissance approfondie des conditions générales d’utilisation et les diverses subtilités qu’elles peuvent recouvrir comme, par exemple, les questions de protection des données personnelles.

Conjointement à une vitesse de changement trop rapide, les nouvelles technologies nécessitent une démarche pédagogique plus poussée afin d’être comprises et adoptées des consommateurs.

Au sein des entreprises, ceci passe notamment par la formation : l’adoption de nouveaux logiciels, si elle n’est pas expliquée, peut ne pas emporter l’adhésion des collaborateurs et au contraire susciter un certain rejet. L’intelligence artificielle (IA) étant le domaine connaissant de plus en plus d’applications au niveau professionnel, il convient de prévoir un temps d’échange autour des questions sur la place que peuvent prendre les nouvelles technologies dans le quotidien du travailleur.

37 % estiment que tout ou partie de leur travail pourrait être remplacé par une technologie

Dans ce cadre professionnel, les nouvelles technologies proposent parfois des fonctionnalités qui peuvent automatiser certaines tâches.

On pense notamment aux tâches répétitives et de saisie, mais aussi des tâches d’analyse plus ou moins poussées. Si l’on ne peut pas tout déléguer à une intelligence artificielle, celle-ci est de plus en plus performante pour exercer des fonctions de remplissage et d’analyse, améliorées par l’apprentissage automatique. Aux côtés du collaborateur qu’elle assiste, l’IA participe à alléger la charge de travail en dégageant du temps pour des tâches qualitatives.

Selon nos répondants, les tâches les plus à mêmes d’être remplacées à l’avenir, ou qu’ils souhaiteraient voir remplacées, concernent des domaines aussi divers que la comptabilité, l’administratif ou encore la gestion des emplois du temps.

Loin de simplement “remplacer” des emplois, certaines tâches automatisées par un logiciel seraient plus à même de représenter un soulagement qu’une menace d’éviction pour l’employé en question. En faisant l’économie d’un travail répétitif ou rébarbatif (ou les deux), l’accompagnement par une technologie pourrait entre outre attirer les nouvelles générations d’employés peu enclins à s’investir dans des tâches à faible valeur ajoutée. Les PME peuvent ainsi se diriger progressivement vers un modèle d’entreprise augmentée

Comment la confiance en la technologie peut-elle être renforcée auprès des citoyens ?

Les nouvelles technologies provoquent à la fois adhésion et inquiétude. Pour faire pencher la balance d’un côté plutôt que de l’autre, les personnes interrogées prêchent pour un plus grand soutien de l’État aux entreprises françaises (33 %) qui pourrait favoriser une communication et un traitement des données personnelles plus transparents.

31 % sont en faveur d’une éducation à la technologie dès l’école, afin de sensibiliser les futures générations à l’utilisation des technologies. À parts égales, 29 % de répondants plébiscitent l’application de taxes pour les entreprises technologiques étrangères qui font des bénéfices en France et la promotion par les entreprises d’un usage éthique des technologies.

En somme, la méfiance relative des Français à l’égard des technologies n’est pas intrinsèque à celles-ci, mais provient plus généralement du manque de transparence quant aux usages que peuvent en faire les parties prenantes. On peut également supposer que, passée la curiosité pour la nouveauté, un manque de clarté quant à l’utilité au quotidien de certaines innovations peut engendrer des doutes quant à une adoption complète. 

La pédagogie et l’information amèneront sans aucun doute à une meilleure démocratisation des outils de demain.

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Méthodologie

Pour recueillir ces données, GetApp a interrogé un total de 836 professionnels de PME (<250 employés) sur le territoire français. Selon leurs réponses, ceux-ci ont été répartis en plusieurs groupes de répondants. Le nombre de répondants peut ainsi varier d’une question à l’autre, selon la logique du sondage. Celui-ci a été mené du 17 février au 1er mars 2021. Les répondants devaient être âgés de plus de 18 ans, résider en France, et leur situation professionnelle devait être active. Ils sont travailleurs à temps plein (81 %) ou à temps partiel (19 %), issus de divers secteurs d’activité et font du travail présentiel ou du télétravail. Tous font un travail réalisable à distance.

 


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